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Stress, agressions ponctuelles,
conflit & mauvaises conditions de travail
Toutes les
personnes qui se disent harcelées ne le sont pas forcément. En
effet, plusieurs attitudes peuvent être faussement identifiées
comme étant du harcèlement.
Ainsi le stress, la
pression au travail, le conflit, la maltraitance managériale et
les contraintes professionnelles ne sont pas du harcèlement moral
mais ils peuvent dans certaines conditions conduire à un tel
harcèlement.
1. Le stress :
Le harcèlement est à distinguer nettement du stress professionnel
tels qu’on le comprend le plus souvent.
Dans son livre Mobbing, Heinz Leymann , nous rappelle que « le
stress est avant tout un état biologique et que les situations
sociales et socio-psychologiques génèrent du stress ».
Effectivement, définit à l’origine par Hans Selye , le stress «
est la réaction d’adaptation de l’individu face à toute
stimulation. Il faut considérer : la réaction de stress, qui est
la réaction de la personne face aux stresseurs et qui lui permet
de s’adapter et de faire face, et les stresseurs qui sont les
pressions de l’environnement, les difficultés relationnelles, les
ennuis de santé qui agissent comme « facteur externe » ».
Mais, dans le langage courant, on entend par stress les surcharges
et les mauvaises conditions de travail.
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Certes, les conditions de travail deviennent de plus en plus dures,
caractérisées par l’optimisation de la charge de travail et
l’exigence d’une haute performance des employés ( taches à faire
dans l’urgence, revirements de stratégie), qui peuvent engendrer
du stress.
Cependant, le but conscient du management par le stress n’est pas
de détruire les salariés mais au contraire de les rendre plus
performants. En effet, quant la réaction de stress est adaptée aux
stresseurs, elle est utile : les performances deviennent
meilleures, la santé est préservée. Quand la réaction de stress
est mal adaptée (trop intense, trop durable), elle peut détruire
une personne et la conduire à un état d’épuisement professionnel.
Mais, dans le stress, contrairement au harcèlement moral, il n’y a
pas d’intentionnalité malveillante.
Par contre, le harcèlement moral est beaucoup plus que du stress,
il est essentiellement nocif pour les personnes qui les subissent.
Il ne s’agit pas d’une amélioration de la productivité ou
l’optimisation des résultats mais de se débarrasser d’une personne.
Par ailleurs le « stress ne devient destructeur que par excès, le
harcèlement est destructeur par sa nature même » .
2. Le conflit :
De nombreux facteurs peuvent créer des conflits entre les
individus sur le lieu de travail. On peut noter « les différences
idéologiques ou philosophiques existant entre les personnes ou les
groupes, les croyances, les valeurs » .
Il est également
essentiel de différencier le harcèlement moral d’un conflit.
Heinz Leymann considère que le harcèlement se situe dans une
perspective sociale et organisationnelle qui trouverait son
origine dans un conflit professionnel mal résolu. Cependant
Hirigoyen , pense s’il y’a harcèlement, c’est que justement aucun
conflit n’a réussi à se mettre en place. Dans un conflit les
reproches sont nommés, quant au derrière tout procédé de
harcèlement il y’à du non dit et du caché.
Le conflit est chose courante dans les milieux de travail, il peut
être positif dans la mesure où il constitue une source de
renouvellement et de réorganisation, il permet de mobiliser les
énergies et d’apporter de la nouveauté dans des contextes
professionnels trop routiniers.
Par contre, malgré les possibilités de changement qu’il apporte,
le conflit a une mauvaise réputation dans les entreprises. En
effet, il peut se poursuivre d’une façon durable et s’étendre et
dégénérer sans résolution, pou créer par la suite une situation de
harcèlement moral.
Mais le harcèlement reste toujours différent du conflit, parce que
dans un conflit il y’à une « escalade symétrique » c'est-à-dire
une égalité théorique des protagonistes où chacun peut défendre sa
position. Dans le cas de harcèlement, il s’agit d’une relation
dominant- dominé où celui qui mène le jeu cherche à dominer
l’autre et à lui faire perdre son identité.
3. Les
agressions ponctuelles :
Une agression verbale ponctuelle, à moins qu’elle ne soit précédée
de petites agressions, est un acte de violence, mais ce n’est pas
de harcèlement moral.
En effet, le harcèlement moral est caractérisé par la répétition.
De ce fait, Leymann avait établi une liste de 45 agissements
hostiles et considérait pour que l’on parle de harcèlement moral,
il fallait qu’un ou plusieurs de ces agissements se répètent
plusieurs fois et sur une longue période.
D’une façon générale, une attitude agressive ponctuelle ne peut
être qualifiée de harcèlement moral, même si elle a eu de
conséquences graves pour la victime.
4. Les mauvaises
conditions de travail :
« Les conditions de travail recouvrent tout ce qui dans la vie
professionnelle n’est pas le travail lui-même mais ce qui
l’entoure, ce qui l’accompagne, s’y trouve lié, associé » .
On peut distinguer les conditions matérielles de travail pénibles
(bureau étroit, mauvais éclairage, siège inadapté, bruit..) qui
diffèrent de la notion de harcèlement moral.
En revanche, les conduites abusives liées aux conditions de
travail matérielles et humaines peuvent devenir dommageables pour
tout salarié et constituer un acte de harcèlement en soi. Si un
seul salarié est traité spécialement ainsi, ou si cela est destiné
à le décourager, elle devient harcèlement si le but est de
détruire le salarié.
5. D’autres
formes de violences :
• La violence
externe : liée à des incivilités, ou agressions (à main armée ou
client). Il appartient à l’entreprise de prendre des mesures pour
protéger ses salariés.
• La violence physique : n’est pas du harcèlement en soi, même
s’il arrive que des situations de harcèlement dégénèrent et que
des personnes en viennent aux coups. Le seul recours est de porter
plainte.
Quelques chiffres de violence physique par secteur d’activité
enregistrés par le BIT (6 % dans les administrations, 5 % dans les
commerces).
• La violence sexuelle : Déjà qualifiée pénalement, n’entre pas
dans le registre du harcèlement moral. Une distinction théorique
est faite entre harcèlement moral et harcèlement sexuel, même s’il
est démontrer que des passages de l’un à l’autre sont fréquents.
Le harcèlement sexuel représente 2 % des travailleurs, les femmes
y sont plus exposées surtout les moins de 25 ans et celles qui ont
un statut précaire.
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